L'IMPORTANZA di ESSERE – Codice Otto

Homo sum, humani nihil a me alienum puto. Un viaggio nell’essere umano, dal corpo alla mente, dalla fantasia alla realtà, attraverso considerazioni e riflessioni di vita vissuta, osservazioni di sè e del mondo circostante secondo il credo ”l’occhio vede ciò che la mente conosce”.

Io inventerò per Te la rosa

1 Commento

Georges2015d

Je suis venu vers toi comme va le fleuve à la mer

J’ai sacrifié d’un coup mon cours et mes montagnes

J’ai quitté tout pour toi mes amis mon enfance

Chaque goutte d’eau de ma vie a pris le sel de ton immensité

Ton soleil a dissipé mon folklore

Tu règnes sur mon sang mon rêves mes démences

Je t’ai donné ma mémoire comme une boucle de cheveux

Je ne dors plus que dans tes neiges

J’ai débordé mon lit chassé mes fées marraines

J’ai renoncé depuis longtemps à mes légendes

Où sont Rimbaud Cros et Ducasse

Valmore qui pleure à minuit

La corde Nerval a cassé

Et la balle qui traverse Lermontov a passé par mon cœur

Divisé par tes pas

Dispersé par ton geste

Comme un grand vent amoureux d’une forêt

Je suis la poussière qu’on chasse au matin de la maison

Et qui revient patiente invisiblement tout le long du jour

Le lierre qui croit sans qu’on le remarque

Jusqu’à ce qu’on le mutile dans sa fidélité

Je suis la pierre usée à force que tu passes

La chaise qui t’attend à l’endroit familier

La vitre où ton front brûle à regarder le vide

Le roman de deux sous qui ne parle qu’à toi

Une lettre ouverte publiée avant d’être lue

La phrase interrompue à qui revenir est sans importance

Le frémissement des chambres traversées

Le parfum derrière toi que tu laisses

Et quand tu sors je suis malheureux comme ton miroir

Toutes les paroles du monde quand à la fois je te les aurai données

Toutes les forêts d’Amérique et toutes les moissons nocturnes du ciel

Quand je t’aurai donné ce qui brille et ce que l’oeil ne peut pas voir

Tout le feu de la terre avec une coupe de larmes

La semence mâle des espèces diluviennes

Et la main d’un petit enfant

Quand je t’aurai donné le caléidoscope des douleurs

Le coeur en croix les membres roués

L’immense tapisserie des hommes martyrisés

Les écorchés vivants à l’étal suppliciaire

Le cimetière éventré des amours inconnues

Tout ce que charrient les eaux souterraines et les voies lactées

La grande étoile du plaisir dans l’infirme le plus misérable

Quand j’aurai peint pour toi ce vague paysage

Où les couples se font photographier dans les foires

Pleuré pour toi les vents chanté que mes cordes en cassent

La messe noire de l’Adoration perpétuelle

Maudit mon corps avec mon âme

Blasphémé l’avenir et banni le passé

Fait de tous les sanglots une boîte à musique

Que tu oublieras dans l’armoire

Quand il n’y aura plus de rossignols dans les arbres à force de les jeter à tes pieds

Quand il n’y aura plus assez de métaphores dans une tête folle pour t’en faire un presse-papiers

Quand tu seras lassée à mourir du culte monstrueux que je te voue

Que je n’aurai plus ni voix ni ventre ni visage et les pieds et les mains sans place pour les clous

Quand les verbes humains auront tous dans mes doigts brisé leur verre

Et que ma langue et mon encre seront sèches comme une station expérimentale pour les fusées interplanétaires

Et les mers n’auront plus laissé derrière elles que la blancheur aveuglante du sel

Si bien que le soleil ait soif et la lumière sur ce parquet de trémies oscille

Le schiste éteint le firmament amorphe et l’être à jamais épuisé de métamorphoses

J’inventerai pour toi la rose

J’inventerai pour toi la rose

Pour toi qui es la rose indescriptible

Au moins des mots qui sont de son processionnel coutumier

La rose que ne font voir que les mots étrangers à la rose

Ainsi qu’il en va du cri qui s’arrache et de la douleur qu’il traduit

Des étoiles du plaisir au-dessus de l’abîme d’amour

J’inventerai pour toi la rose des doigts adorants

Qui formaient nef et se croisèrent et se défeuillent

J’inventerai pour toi la rose sous le porche

Des amants qui n’ont d’autre lit que leurs bras

La rose au coeur des gisants de pierre morts sans confession

La rose du paysan qui saute sur une mine dans son champ

Le parfum cramoisi d’une lettre trouvée

Où rien ne s’adresse à moi ni la caresse ni l’affront

Le rendez-vous où personne n’est venu

Une armée en fuite un jour de grand vent

Le pas d’une mère devant une prison

Un chant d’homme à l’heure de la sieste sous les oliviers

Un combat de coqs dans un pays de brumes

La rose du soldat séparé de son pays

J’inventerai pour toi ma rose autant de roses

Qu’il y a de diamants dans l’eau de la mer

Autant de roses qu’il y a de siècles dans la poussière du temps

Autant qu’il y a de rêves dans une seule tête d’enfant

Autant qu’il peut y avoir de lumières dans un sanglot.

Louis Aragon

Autore: CodiceOtto

Homo sum, humani nihil a me alienum puto.

One thought on “Io inventerò per Te la rosa

  1. Ogni tanto riappari, meno male.🙂

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